Sextant, Volume 17-18, 2002
Sextant ouvre de nouveau ses pages aux • Femmes en lettres • - titre du numéro 6, publié en 1996 - embrayant sur quelques-unes des réflexions qui avaient été au cœur de ce numéro. Ainsi les questions primordiales de savoir si et - et dans l'affirmative - sous quelles conditions il est pertinent de parler de • littérature féminine •, sont remises une nouvelle fois sur le métier, abordées à présent sous l'angle de la , poésie ».
La poésie féminine - comme la production littéraire féminine en général - a été longtemps considérée comme une sous-culture. Jugée souvent comme anecdotique, laissée aux femmes avec une certaine condescendance, la poésie a servi de champ d'autonomisation : les femmes s'en sont emparées pour l'ériger en , contre-culture •. • Sil est question de création, il est question de subversion •, affirme la poète Claire Lejeune en 1975.
Mais les femmes n'ont pas attendu le XXe siècle pour s'emparer du langage. Au cours du XIXe siècle, elles écrivirent beaucoup et partout presse, revues, ouvrages. Il reste encore à comptabiliser et à analyser leur présence récurrente qui témoigne d'une volonté de faire passer la libération des femmes par le langage - selon la formule d'Hélène Cixous - de dire avec leurs mots une identité et des aspirations que la société leur déniait.
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