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Midis de STRIGES | Printemps 2023
- 28 Février
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Habiter les normes : articulations d'éléments religieux musulmans dans le travail de sexo-thérapeutes francophones
Julie Minders, ULB/GERME
Tandis que le débat public sur l’intégration de l’Islam aux démocraties occidentales est cristallisé autour des questions de genre et de sexualité (Torrekens, 2020 ; Beaugé et Hajjat, 2016), cette intervention propose d’analyser les approches de sexo-thérapeutes francophones actives en ligne, qui intègrent des éléments religieux musulmans dans leur travail. La notion de démocratie sexuelle (Fassin, 2006) décrit l’appropriation de la liberté sexuelle comme symbole idéologique d'États laïques, menacé par des “autres” religieux, musulmans, immigrants (Puar, 2007 ; Farris, 2017). Dans un contexte culturel où sonne régulièrement “la fin de l’amour” (Illouz, 2020), où les normes sexuelles, de séduction, de mise en relation, se transforment mais sont si rarement palpables et nommées comme telles (Baumann, 2004 ; Bergström, 2019), nous cherchons à analyser les articulations d’éléments religieux dans la (re)production de normes sexuelles dans le travail de nos interlocutrices. L’Islam apparaîtra ainsi tour à tour comme élément d’identification ; comme spécificité culturelle pour les soins et l’éducation ; et comme ressort idéologique en imbrication constante avec d’autres registres tels que la science, la santé ou le développement personnel.
Julie Minders est actuellement doctorante en sociologie au sein du GERME (Group for Research on Ethnic Relations, Migration and Equality) à l’Université libre de Bruxelles. Sa recherche doctorale porte sur les activités professionnelles de sexo-thérapeutes musulmanes en ligne et hors ligne en France et en Belgique. Elle s'appuie pour cela sur des méthodes d'anthropologie numérique avec une approche compréhensive. Titulaire d'un Master en anthropologie sociale et culturelle de l'EHESS de Paris, ses principaux domaines de spécialisation sont la santé sexuelle, la parenté et l'amour, le genre, et l'Islam dans des contextes séculiers. Elle assure également le poste de coordinatrice belge pour le European WebSite on Integration (EWSI) de la Commission Européenne, et suit actuellement une formation universitaire en sexologie clinique.
- 13 Mars
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ANNULÉ Midis de STRIGES "The trajectory of LGBT protest activity in Russia"
Radzhana Buyantueva, ULB/Cevipol
The fall of the Soviet Union and the decriminalization of homosexuality in 1993 facilitated the development of LGBT activism in Russia. While same-sex relations are not exactly legally banned in that country, the LGBT community faces increasing negative public attitudes, following the state’s promotion of ‘traditional values’ and the adoption of the anti-LGBT propaganda law. State repression and homophobia that have intensified in Russia in recent years make the work of LGBT activists increasingly more complicated. The seminar will focus on LGBT Russians protesting for their rights. Drawing on social movement theories, I suggest that LGBT protest activity in authoritarian states such as Russia emerges, develops, and declines through a combination of certain factors (e.g., political opportunities and resources). My research is built on a mixed-method approach, including interviews with Russian LGBT activists.
Radzhana Buyantueva is a postdoctoral researcher of Le Fonds National de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS) affiliated with the Center for the Study of Politics (Cevipol) at the Université Libre de Bruxelles. She has a Ph.D. in Politics from Newcastle University, UK. Her research interests include political sociology, social movements, East European politics, and LGBT rights. Her book, titled “The emergence and development of LGBT protest activity in Russia”, was published by Palgrave McMillan in November 2022. - 20 Avril
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Les asymétries de genre dans la profession de journaliste en Belgique francophone
Lise Ménalque, ULB/ReSIC
En Belgique francophone, les professionnel·lles de l’information sont majoritairement des hommes ; en 2018, on comptait en effet 35% de femmes journalistes contre 65% pour leurs homologues masculins (Le Cam & al, 2022). À titre de comparaison, lors de la même année en France, on répertoriait 47,2% de femmes pour 52,8% d’hommes journalistes*. Nombreuses sont les formes de relations asymétriques qui prouvent de l’existence de rapports de domination des hommes sur les femmes (Rennes, 2016) intrinsèques à la catégorie socioprofessionnelle des journalistes : stéréotypes essentialistes engendrant une ségrégation verticale et horizontale (Damian-Gaillard & al, 2008), femmes confrontées à des assignations genrées (Schoch & Ohl, 2014). Ces asymétries de genre sont produites par les « régimes d’inégalités » soient les « pratiques, processus, actions et significations qui produisent et maintiennent les inégalités de classe, de genre et de race dans des organisations spécifiques » (Acker, 2006, p.443). Les entreprises médiatiques font parties de ces organisations, et plus particulièrement la Radio-Télévision belge de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dite RTBF, unique entreprise médiatique audiovisuelle publique autonome de la Fédération Wallonie-Bruxelles tenue à une certaine exemplarité sur le plan des valeurs et des normes sociales (Nissen, 2006) dans ses contenus tout comme dans ses processus de production de contenu. Les processus de production de contenu impliquent les personnes qui produisent ces contenus, et dont fait partie le groupe socioprofessionnel des journalistes.
Doctorante à l’Université libre de Bruxelles et à l’Université Laval (Québec), et assistante à l’Ecole Universitaire de journalisme de Bruxelles, Lise Ménalque travaille sur les asymétries de genre dans la profession de journaliste en Belgique francophone. Ses recherches se focalisent sur les entreprises médiatiques de service public, à la croisée de la sociologie des organisations et du journalisme, et des études de genre.
- 17 Mai
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Sortir du placard politique : l'activisme LGBTQIA+ de droite au Brésil entre Internet et la rue (2013-2020)
Rodrigo Cruz, ULB/AGS
La littérature politique et sociologique a longtemps abordé les personnes LGBTQIA+ comme des agents de « changement social », enclins à confronter les normes de genre et de sexualité ainsi que le système juridique en vigueur. Au cours des dernières décennies, certains travaux ont confronté ce point de vue en abordant l'activisme LGBTQIA+ à droite et à l'extrême droite dans les pays du Nord, mais très peu a été produit sur des cas latino-américains, où les droits LGBTQIA+ sont devenus un objet central dans les processus politiques récents. Cette recherche doctorale récemment achevée analyse l'engagement politique des militants ouvertement LGBTQIA+ dans les mouvements sociaux, partis politiques et autres initiatives d'activisme de droite au Brésil entre 2013 et 2020. Dans le sillage de la crise politique et sociale ouverte par les manifestations de juin 2013, et plus tard aggravée par la destitution de l'ancienne présidente Dilma Rousseff en 2015 et 2016, des groupes et des individus LGBTQIA+ apparaissent sur Internet et dans les rues, en particulier des hommes (cis et transgenres) de diverses orientations sexuelles (gays, bisexuels et asexuels), qui s'identifient comme « libéraux » ou « conservateurs ». Cette nouvelle génération de militants se distingue des autres expressions du militantisme LGBTQIA+ « de droite » précédemment observé au Brésil. Ils s'opposent ou rivalisent avec les mouvements LGBTQIA+ qui se battent pour l'égalité des droits, tout en combinant des logiques de la liberté sexuelle, de la morale chrétienne, des discours anti-genre et d’une certaine rationalité néolibérale. S'appuyant sur des méthodes et techniques qualitatives (ethnographie virtuelle, entretiens semi-structurés et recherche documentaire), cette étude propose d'analyser les dimensions contextuelles, collectives et individuelles qui pourraient favoriser l'émergence de ces activismes dans le scénario politique brésilien actuel.
Rodrigo Cruz est titulaire d'un Master en sciences sociales de l'Université fédérale de São Paulo et est doctorant en sociologie au sein du Centre interdisciplinaire de sciences sociales de l'Université Nova de Lisbonne au Portugal (CICS.NOVA). Il est aussi chercheur visiteur à l'Atelier Genre(s) et Sexualité(s) de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Il s'intéresse à la sociologie des mouvements sociaux et de l'action collective, aux questions de genre et de sexualité et à la sociologie numérique, ainsi qu'aux enjeux politiques contemporains au Brésil et dans l'Amérique latine, l’ascension des mouvements conservateurs et libéraux sur ce continent ainsi que l'histoire et la mémoire du mouvement LGBTQIA+ au Brésil. Il a également développé des travaux dans des organisations de la société civile, notamment autour de la question de la représentation politico-institutionnelle des personnes LGBTQIA+ au Brésil.