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Midis de STRIGES | Printemps 2017
- 14 Février
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Jouissez sans entraves ? Sexualité, citoyenneté et liberté
Fabienne Bloc & Valérie Piette
Composante essentielle de notre identité, la sexualité fascine, énerve, dérange. Aujourd’hui, plus que jamais, elle s’invite en permanence dans les débats politiques et philosophiques. Compagnon de route d’une forme de libération sexuelle et d’acquisition de droits sexuels et reproductifs, le planning familial, lieu de tous les possibles et de toutes les rencontres, n’est-il pas menacé par la résurgence des conservatismes ? Posant les jalons de l’histoire de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (ÉVRAS) en Belgique, cet ouvrage tente d’en analyser les enjeux contemporains tout en insistant sur la nécessité d’une approche citoyenne de la sexualité. Il appelle enfin à une vigilance renforcée face au retour de l’ordre moral
Travailleuse psychosociale au sein d’un centre planning familial de la fédération laïque, en qualité d’accueillante, de thérapeute et d’animatrice, Fabienne Bloc rencontre au quotidien, depuis le début des années 1990, un nombre impressionnant d’adolescent.e.s et de jeunes adultes.
Professeure d'histoire contemporaine à l'Université libre de Bruxelles, Valérie Piette conduit depuis deux décennies ses recherches sur l'histoire des femmes, du genre et des sexualités. Elle a notamment été commissaire de l’exposition « Pas ce soir chéri(e) ? Histoire de la sexualité aux XIXe et XXe siècles ». - 28 Mars
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La reconnaissance professionnelle dans le domaine de l’égalité de genre à l’échelle européenne : acteurs, modalités et enjeux
Pierre Desmarez & Anastasia Joukovsky
On peut observer à l’échelle de l’Europe un mouvement de professionnalisation des métiers dans le domaine de l’égalité de genre. Celui-ci prend place dans le cadre d’une stratégie politique globale en la matière, dont l’instrument principal est aujourd’hui le gender mainstreaming, et s’opère au travers de divers types d’acteurs et de dispositifs : acteurs institutionnels (organes et agences politiques, lobbys), groupes de recherche, programmes de formation, réseaux professionnels/académiques, etc. Tous concourent à la reconnaissance professionnelle de ce secteur, qui passe par différentes modalités plus ou moins formelles et imbriquées les unes avec les autres : la formation professionnelle, le label/la charte professionnelle, la certification, l’intitulé de fonction… Ce mouvement, qui n’est pas uniforme et répond parfois à des logiques contradictoires, participe d’une reconfiguration des enjeux et des rapports de pouvoir dans le champ de la lutte pour l’égalité de genre, où la question du rapport entre les différentes catégories professionnelles du champ semble cruciale. Cette communication s’inscrit dans le cadre du projet de recherche PASSAGE.
Pierre Desmarez enseigne la sociologie générale, la méthodologie, la sociologie du marché du travail et la comparaison internationale. Il est membre du centre de recherches Metices. Ses intérêts de recherche incluent l’analyse longitudinale, la segmentation du marché du travail, les accidents de travail, la professionnalisation et l’histoire de la sociologie du travail et de l’industrie. Il a été et est impliqué dans plusieurs projets de recherche internationaux. Il a publié des articles dans des revues comme Sociologie du travail, L’année sociologique et Le travail humain. Il est membre du comité de rédaction de la revue Sociologie du travail et correspondant étranger de Sociologia del lavoro. Il préside les comités de gestion de l’Agence fédérale des risques professionnels.
Anastasia Joukovsky a étudié la sociologie à l’Université Libre de Bruxelles et réalisé un mémoire sur le thème de l’identité et de la socialisation professionnelles des chefs cuisiniers. Une fois diplômée, elle est partie s’installer plusieurs mois à Montréal, voyageant également au Canada et aux Etats-Unis. Après avoir multiplié les petits boulots et démarré une formation interuniversitaire en médiation, elle s’est vu offrir l’opportunité de participer à une recherche au sein du centre Métices de l’Institut de Sociologie. Elle travaille ainsi actuellement dans le cadre du projet européen PASSAGE qui traite de la professionnalisation aux métiers de l’égalité et du genre, et a entammé parallèlement à cela une recherche pour l’Université de Mons portant sur l’ONE. - 25 Avril
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L’excellence a-t-elle un genre ?
Caroline Closon & Valérie De Cock
La notion de management au mérite ou d’excellence sous-entend que les travailleurs vont pouvoir évoluer, concourir sans craindre les critères classiquement répertoriés comme source de discrimination, le résultat serait la conséquence directe de leurs différences de performance(Gonthier, 2007). Les différences de traitement qu’on observerait au travail ne seraient donc plus fonction des inégalités «naturelles», des stéréotypes qui pénalisent beaucoup de travailleurs, dont le groupe des femmes. «L’excellence» a la prétention de proposer un ensemble d’indicateurs, de critères qui offrent à tout un chacun de la transparence sur les procédures de sélection, recrutement, évaluation et promotion au travail.
Pourtant, on constate un phénomène d’évaporation des femmes à chaque étape de la carrière, les femmes seraient-elles alors moins excellentes au travail que les hommes? Face à cette interrogation, le projet ambitionne d’évaluer dans quelle mesure le discours de l’excellence déforce ou renforce les mécanismes du plafond de verre ou de renoncement de la carrière pour les femmes ? Nous souhaitons pousser le débat plus en avant et formuler l’hypothèse que la raison de la disparité homme/femme se trouve plus du côté du système de l’évaluation que du côté des femmes.
Cette recherche-action qui vise d’une part à identifier la perception des femmes sur les exigences du discours de l’excellence et l’impact de celles ci sur la carrière et la conciliation vie travail –vie privée et d’autre part proposer des actions concrètes qui répondent aux besoins des femmes. Pour plus de cohérence, l’échantillon se veut restrictif quant au milieu de travail. Cette étude propose donc comme échantillon des femmes inscrites dans une carrière scientifique ou académique dans une Université ou dans une Haute Ecole de la Communauté française. Ce choix d’échantillon se justifie à plusieurs niveaux. Premièrement, le discours et les critères d’excellence sont très explicites. Deuxièmement, il présente une cohorte importante et assez homogène quant aux conditions de travail. De plus, il y a une grande transparence sur les étapes de la carrière et sur les résultats aux différentes étapes; les données chiffrées sont disponibles pour les établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en Belgique et en Europe.
Les réflexions et conclusions porteront sur les moyens, procédures d’évaluation et de promotion afin d’élargir le débat de l’égalité homme/femme au travail à celui de l’équilibre hommes/femmes dans les promotions.
Caroline Closon est professeure au Centre de Psychologie du Travail et de la Consommation. Ses enseignements s’axent sur les questions d’orientations scolaires, de gestion des parcours et transitions professionnels et de la psychologie du personnel. Ses recherches actuelles s’articulent autour de la question des discriminations au travail dues à l’orientation sexuelle, au genre et à l’identité de genre.
Valerie De Cock est chercheuse au Centre de Psychologie du Travail et de la Consommation à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Après avoir terminé son bachelier en Psychologie à la Katholieke Universiteit Leuven (KUL), elle a réalisé son master en Psychologie de Travail à l'ULB lors duquel elle a développé un intérêt particulier pour la question de l'égalité de genre. Son mémoire, intitulé « L'impact (de la perception) des programmes de diversité de genre sur les employés de sexe féminin », analyse l'influence des programmes de diversité de genre sur le sentiment de discrimination et le bien-être au travail des femmes. Ses intérêts recherches portent sur la diversité de genre dans le monde professionnel et l'identification des moyens afin de stimuler cette diversité. - 15 Mai
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La psychologie et la psychanalyse comme caution dans l’élaboration d’un discours normatif sur la famille par les autorités catholiques.
Cécile Vanderpelen (CIERL)
Le monde catholique s’est longtemps méfié de la psychanalyse et de la psychologie, auxquels il reproche de donner une trop grande part à l’instinct et aux pulsions sexuelles. Pourtant, à partir de l’entre-deux-guerres, des professionnels catholiques de la santé commencent à trouver des vertus aux thérapies, qu'elles soient psychanalytiques ou psychologiques. Grâce à ces « passeurs », les deux disciplines deviennent des outils utilisés dans la promotion d’une santé mentale en concordance avec les prescrits religieux. Le monde catholique se lance alors dans une entreprise de « christianisation » du discours psy. Ce dispositif aura d’importantes conséquences sur la manière dont le monde catholique parle et conçoit la famille, les mères et des femmes. Ce séminaire montrera tous les enjeux institutionnels, religieux et scientifiques qui s’articulent autour de la rencontre entre la psychologie, la psychanalyse et le catholicisme, de 1945 à aujourd’hui.
Cécile Vanderpelen-Diagre est historienne et chargée de cours à l’Université libre de Bruxelles. Elle travaille sur l’histoire du catholicisme contemporain et s’intéresse surtout à ses dimensions culturelles : ses expressions artistiques et littéraires et son rapport au corps et à la sexualité. Elle est membre de STRIGES, de l’Unité de recherche Mondes modernes et contemporains et du Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité de l’ULB, qu’elle dirige depuis le 1er octobre. Elle coordonne en outre un projet d’Action de recherche concertée intitulé « Une spécificité belge? Révolution sexuelle et (dé)pilarisation de 1960 à 2000. Une contribution à l'histoire de la transformation des normes de genre et de sexualité ».