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Séminaire AGS – Automne 2025 Programme

Publié le 2 octobre 2025 Mis à jour le 9 avril 2026

Mercredi 1er octobre – Camille Masclet

17h à 19h, Salle Henri Janne, Bâtiment S, 15ème étage

Le féminisme en héritage. Incidences intimes et transmission familiale d'une lutte politique.

Le féminisme change-t-il la vie ? Ressurgie dans le sillage du mouvement #MeToo, cette question se pose à chaque grande vague de mobilisation féministe. Dans les années 1970, les mouvements féministes qui clament que « le privé est politique » aspirent précisément à changer la vie des femmes. Le corps, la sexualité, le couple, les tâches domestiques, l'éducation des enfants sont autant de sujets dont les féministes se saisissent alors pour les politiser. Les transformations sociales et politiques engendrées par ces mobilisations sont aujourd'hui connues et célébrées comme des acquis. Moins spectaculaires et plus difficiles à saisir, les révolutions intimes qu'elles ont entraînées à l'échelle individuelle sont davantage restées dans l'ombre. Ces femmes sont-elles parvenues à se libérer de certains carcans genrés grâce à leur engagement ? Quel écho la contestation du patriarcat a-t-elle eu sur leur sexualité et leurs relations de couple ? Comment ont-elles élevé leurs enfants ? Leurs filles et leurs fils sont-ils devenus féministes à leur tour ? À partir d'une enquête sociologique menée auprès de deux générations, l'ouvrage (PUF, 2025) qui sera présenté examine l'empreinte laissée par la politisation du privé dans la vie de ces féministes ordinaires et celle de leurs enfants. Il offre une perspective nouvelle sur les effets à long terme de ce mouvement historique et sur sa contribution au changement social et à la transformation du genre, éclairant en retour les mobilisations féministes contemporaines.

Biographie :
Sociologue et politiste, Camille Masclet est chargée de recherche au CNRS, rattachée au Centre européen de sociologie et science politique à Paris. Elle est également enseignante au sein des Masters d'Études sur le Genre de l’EHESS et de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur les mouvements féministes, le genre et la sexualité, et la socialisation politique et familiale. Elle a mené une longue recherche consacrée aux incidences biographiques de l'engagement féministe dans les années 1970 en France sur les militantes et leurs enfants, récemment publiée sous le titre Le féminisme en héritage. Incidences intimes et transmission familiale d'une lutte politique (PUF, 2025). Aujourd'hui, son enquête en cours s'intéresse aux parents des personnes LGBT et aux effets socialisateurs des minorités de genre et de sexualité sur leur entourage familial.



Lundi 17 novembre – Francis Dupuis-Déri

17h à 19h, Salle Henri Janne, Bâtiment S, 15ème étage

L’école champ de bataille : les ac ons individuelles et collec ves des élèves misogynes, homophobes et transphobes.

Résumé :
Les études en sociologie politique sur l’antiféminisme et l’antigenre qui s’intéressent au front scolaire
portent avant tout sur les mobilisations d’adultes (politiques, polémistes médiatiques, parents, etc.),
réservant aux jeunes des commentaires importants sur leur victimisation, mais qui les font apparaître
comme des objets du conflit, et non des sujets. Or des élèves — surtout des garçons — participent
aussi, par des actions individuelles ou collectives, à la charge réactionnaire, aux dépens d’institutrices
et d’élèves féminines et de la diversité de genre et sexuelle, mais y répondent des élèves progressistes
par des contre-mobilisations. La discussion sera l’occasion de présenter les résultats d’une étude de
terrain à ce sujet.
 

Biographie :
Francis Dupuis-Déri est professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Il codirige, avec la sociologue Mélissa Blais, le Chantier sur l’antiféminisme du Réseau québécois en
études féministes (RéQEF). Il est l’auteur de nombreux livres sur la démocratie, les mouvements sociaux
et l’antiféminisme, en particulier le courant « masculiniste ». Ses livres ont été traduits en une dizaine
de langues.

 

Mercredi 19 novembre – Andrea Cornwall

17h à 19h, Salle Henri Janne, Bâtiment S, 15ème étage

The Trouble with Gender: Feminist Fric ons

Abstract :

“Gender equality” gave feminists of all persuasions an umbrella concept that held together a loosely
based collective project of social transformation. Anti-gender politics dissolves the fragile consensus
that once connected feminist advocacy for “gender equality”, laying bare differences that were always
already there, magnetising the polarities so that what was once a field of activists able to work together
across difference has become a fractious terrain full of fissures and frictions. In this presentation, I
return to some of the concepts and theorists that informed the promotion of “gender equality” in
international development, to ask: do they still offer us useful frames and tools for thought in the
current conjuncture and, if not, can they be repurposed to tackle the trouble with gender in these
troubled times?

Biography :
Andrea Cornwall is Professor of Global Development and Anthropology in the Department of
International Development, School of Global Affairs, King’s College, London. She has published widely
on gender, sexuality and democracy, including Masculinities under Neoliberalism (eds. Cornwall,
Karioris and Lindisfarne, Zed Books 2018), Women, Sexuality and the Political Power of Pleasure (eds.
Jolly, Cornwall and Hawkins, Zed Books 2014) and Development with a Body: Gender, Sexuality and
Human Rights
 (eds. Cornwall, Correa and Jolly, Zed Books 2009). She is currently embarking on a new
research project, funded by the European Research Council, called The Trouble with Gender.



Jeudi 11 décembre – Ahmed Hamila

17h à 19h (sous réserve de confirmation) – Lieu à confirmer

Book launch – Sortir du placard, entrer en Europe. La fabrique des réfugiés LGBTI en Belgique, en France et au Royaume-Uni

Résumé :
« Comment prouver que je suis gay ? » C’est la question que se pose chaque demandeur d’asile persécuté
dans son pays d’origine en raison de son orientation sexuelle et qui invoque ce motif pour obtenir le
statut de réfugié en Europe. La particularité des demandes d’asile fondées sur l’orientation sexuelle
tient à ce que le regard des juges porte moins sur la réalité des persécutions que sur la véracité de
l’homosexualité des requérants : c’est donc l’homosexualité qui ouvre les portes de l’asile. La réponse
à cette question n’est pas aisée, car comme démontré dans ce livre, en Europe d’un pays à l’autre la
conception de l’homosexualité et de ce qui constitue un « réfugié LGBTI » n’est pas la même. En
retraçant la fabrique de cette nouvelle catégorie de réfugiés en Belgique, en France et au Royaume-Uni,
cet ouvrage propose d’identifier les facteurs qui expliquent que malgré le régime d’asile européen
commun, les critères pour octroyer le statut de réfugié aux demandeurs d’asile invoquant des
persécutions du fait de leur orientation sexuelle diffèrent considérablement d’un pays à l’autre en
Europe. Conjuguant sociologie de l’action publique, études migratoires et études sur la sexualité, ce
livre propose de disséquer le processus de catégorisation des réfugiés LGBTI en s’intéressant aux
acteurs administratifs, associatifs et judiciaires du droit d’asile ainsi qu’à leurs interactions, apportant
une contribution nouvelle aux débats autour des nationalismes sexuels.

Biographie :
Ahmed Hamila est professeur adjoint au département de sociologie de l’Université de Montréal.
Spécialiste des migrations internationales et des enjeux de genres/sexualités, ses travaux actuels
portent sur les politiques d’asile liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, sur l’accès aux
soins des populations migrantes vulnérables et sur les solidarités transnationales. Il a réalisé sa thèse
en co-tutelle entre l’Université libre de Bruxelles et l’Université de Montréal. Il a été chercheur invité
dans plusieurs universités dont University of Victoria, Sciences Po Paris et University of Warwick, ainsi
que Queen Elisabeth Scholar et Wiener-Anspach fellow à University of Oxford et à University of
Cambridge. Ses travaux ont été publiés dans Politique et sociétésGouvernement et action publique,
AltersticeIntervention ainsi que dans plusieurs ouvrages collectifs de référence.


Save the date !

Lundi 15 et mardi 16 décembre – USquare

Colloque des 20 ans de l’Atelier Genre(s) et Sexualité(s) – AGS 20th Anniversary Conference

And yet it moves! Revolutions and Transformations in Gender Studies – Révolutions et mutations des études de genre



 

Entrée libre

Informations et inscriptions : ags@ulb.be

https://ags.phisoc.ulb.be/

poster AGS

Date(s)
du 1 octobre 2025 au 16 décembre 2025